Le plaisir de comprendre

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Ce petit garçon est en CM1 et il exprime beaucoup d’appréhension à l’idée de « faire des divisions ».

Que voit-il derrière ce mot « divisions », comment s’est passée sa première rencontre avec les divisions ?
Pas très bien, sans doute, vu le stress que génère l’évocation de cette nouvelle opération.
Après des explications et des manipulations, après avoir bien décomposé ce qui se passe lorsqu’on pose une division, il s’est exclamé (plusieurs fois bien sûr, comme savent le faire les enfants ;-) : 
J'ai tout compris aux divisions, j'ai tout compris aux divisions !!!
Et cette joie n’a pas d’âge ! Elle s’exprime aussi dans la bouche de cette jeune fille de 15 ans qui vient de comprendre ce qu’est une fonction et qui a réussi les exercices demandés, elle qui « n’avait jamais rien compris aux fonctions !»  

Le déclic !

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Qu'il est bon ce plaisir de comprendre, ce déclic que l’on ressent lorsque, ça y est, la solution nous apparait, le raisonnement parait plus clair, le calcul est exact après bien des tâtonnements… Ce plaisir est un véritable moteur !

Et il serait bon d’insister, auprès des enfants et des adolescents, sur ce plaisir de la réussite et s'appuyer sur cette satisfaction pour donner envie d'avancer et de progresser encore et encore.

Comme le démontre le psychologue Olivier Houde, c’est une véritable boucle Emotions-Intelligence qui se forme dans notre cerveau, ce qui donne de manière très schématique :
plaisir de progresser --> dopamine --> reconfiguration neuronale au niveau du cortex préfrontal.

L'intérêt de faire des maths  

Les mathématiques (et bien d'autres domaines, évidemment) permettent de ressentir ce déclic engendrant un véritable plaisir. Car elles font appel à une capacité de raisonnement, elles demandent de choisir un cheminement que l'on va pouvoir expliquer grâce à des symboles, elles sollicitent de la logique, de la déduction et engendrent la joie de trouver le bon résultat ou d'aboutir à la conclusion demandée.

Nous sommes donc en droit de nous interroger sur la pertinence de supprimer définitivement les maths du tronc commun au lycée. Une étude de l’université d’Oxford vient en effet de montrer que le fait d’arrêter les maths après l’âge de 16 ans auraient un impact sur le développement cérébral
En Angleterre, des chercheurs ont analysé les données cérébrales (tests, IRM) de 2 groupes d'élèves : ceux qui ont arrêté les maths depuis l'âge de 16 ans et ceux qui ont continué à étudier cette matière au lycée.

Les résultats ont montré que les adolescents qui n'étudiaient plus les mathématiques avaient un taux de neurotransmetteur GABA plus faible que les autres, dans une région clé du cerveau pour le raisonnement, la résolution de problèmes, la mémoire et l’apprentissage.
Cette différence de niveau n'a pas été constaté avant l'arrêt des maths par certains élèves.
Maths au tableau


Alors faire des maths ferait du bien à notre cerveau, du moins cette pratique favoriserait la libération d'une molécule essentielle ou développement et à la plasticité du cerveau. Faire des maths ou trouver d'autres formes "d'entrainement"...
Tous les adolescents n’apprécient pas les mathématiques, nous devons donc étudier des alternatives possibles, telles que la formation à la logique et au raisonnement qui engageraient la même zone cérébrale que les mathématiques.
Roi Cohen Kadosh, un de auteurs de l'étude
En effet, peu importe le moyen, l’important est bien d’expérimenter ce plaisir de comprendre, ce sentiment d’être plus intelligent lorsque l’on accède à la compréhension d’un concept. 
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